Voyage à travers le temps : les grandes époques qui ont façonné Beaune et le Beaunois

7 août 2025

Aux origines : Beaune, cité gallo-romaine

Quand on arpente les remparts de Beaune ou qu’on longe la place Monge, on est loin d’imaginer que tout a commencé il y a plus de 2000 ans ! À l’époque romaine, Beaune – alors appelée Belena – était déjà un point stratégique sur la voie reliant Lyon à la Belgique.

  • Des vestiges mis au jour rue Maizières en 2017 témoignent de thermes et de l'habitat antique (INRAP).
  • Le tracé elliptique du centre-ville actuel garde l’empreinte de l’antique forum.
  • C’est aussi durant cette période que s’est développé le premier vignoble de la région, lancé par les Romains qui acclimatent la vigne sur ces collines calcaires (Sources : Musée du Vin de Bourgogne, INAO).

Malgré les invasions et les siècles, les soubassements gallo-romains sont toujours là, cachés sous les maisons ou conservés au Musée du Vin. Beaune, au temps des Romains, c’était déjà un carrefour où se mêlaient commerce, agriculture et vie spirituelle.

La splendeur médiévale : expansion, foi et commerce

Au début du Moyen Âge, c’est l’effervescence ! Beaune devient propriété des Ducs de Bourgogne au XI siècle. Sa position stratégique, à la croisée de la Saône et de la Loire, la rend incontournable. C’est aussi l’époque où la ville se dote de ses premières fortifications : plus de 2 kilomètres de remparts sont érigés pour protéger Beaune des convoitises. La ville va alors connaitre une apogée éclatante.

Des ducs, des églises, des hospices

  • En 1443, sous Philippe le Bon, Nicolas Rolin fonde l’incontournable Hôtel-Dieu. Ce chef-d’œuvre gothique flamboyant est un sommet de l’art médiéval et reste l’un des monuments les plus visités de Bourgogne (plus de 380 000 visiteurs en 2022 selon l’Office de Tourisme de Beaune).
  • La Collégiale Notre-Dame, bâtie dès le XII siècle, constitue un joyau de l’architecture bourguignonne, avec ses chapiteaux sculptés et son remarquable triptyque flamand.
  • À la même époque, Beaune s’enrichit grâce à ses foires et à la vente de vins de qualité. Déjà, la réputation des crus locaux s'étend jusqu’en Flandre !
Événement Date Conséquence pour Beaune
Début construction remparts 1221 Protection - Expansion urbaine
Fondation Hôtel-Dieu 1443 Rayonnement hospitalier et architectural
Charte de franchise 1203 Autonomie et développement des corporations

Au Moyen Âge, on compte près de 8 couvents ou abbayes dans le Beaunois, pour seulement 5 000 habitants à la fin du XVe siècle. Peu de villes françaises d’alors peuvent en dire autant !

La Renaissance : Humanisme et crise religieuse

A la Renaissance, Beaune profite à fond de la prospérité bourguignonne. Les grandes familles de la ville embellissent maisons, hôtels particuliers et caves. Les caves de la famille Legrain, par exemple, datent de 1528 et dévoilent encore de superbes voûtes en berceau (Inventaire du Patrimoine Culturel de Bourgogne-Franche-Comté).

  • La période est marquée par l’adoption progressive du français (au détriment du bourguignon local), signe d’ouverture mais aussi de centralisation du pouvoir royal.
  • Mais Beaune traverse aussi des secousses : entre 1562 et 1598, la ville subit les Guerres de Religion. Les protestants sont chassés en 1595, après une brève prise de contrôle (Archives municipales de Beaune).
  • Des maisons Renaissance subsistent notamment rue Paradis ou rue des Tonneliers, reconnaissables à leurs fenêtres à meneaux.

L’esprit humaniste souffle aussi sur les institutions : en 1641, l’université de Beaune comptera jusqu’à 96 étudiants, principalement en droit et théologie.

Le XIX siècle : mutations et modernisation du Beaunois

Au lendemain de la Révolution, les possessions ecclésiastiques sont confisquées et vendues – c’est ainsi que de nombreuses propriétés viticoles changent de main, donnant naissance à certaines grandes maisons de négoce encore actives aujourd’hui (Maison Albert Bichot, Maison Drouhin…).

  • En 1831, la voie de chemin de fer arrive à Beaune, accélérant le commerce de vin vers Paris et au-delà (Le Journal du Vin, 2020).
  • La ville connaît un développement urbain : l’Hôtel de Ville actuel date de 1864. À la même période, la halle aux grains et le théâtre municipal sont construits, témoignant de l’essor économique.
  • L’apparition de l’ampélographie (science de la vigne) fait de Beaune un pôle de recherche et d’éducation viticole, avec la création de la Station viticole en 1888. Georges Morel, pionnier local, y cultivait déjà 270 cépages différents à la fin du XIX siècle.

La seconde moitié du XIX siècle signe aussi le début du tourisme grâce au chemin de fer et à la démocratisation des loisirs. L’Hôtel-Dieu, qui n’a jamais cessé de fonctionner comme hospice, attire déjà amateurs d’art et curieux de tout l’Hexagone.

XX siècle : Guerres et rebonds

Impossible d’évoquer l’histoire du Beaunois sans parler des grandes secousses du XX siècle. Si la ville de Beaune est relativement épargnée par les destructions directes des deux conflits mondiaux, ces périodes marquent les mémoires et la vie sociale locale.

  • Pendant la Première Guerre mondiale, la ville accueille un hôpital américain installé au lycée Marey, soignant blessés français, américains et coloniaux (Association Beaune-Accueil1917).
  • Sous l’Occupation, plusieurs familles locales cachent des réfugiés et des juifs dans leurs caves et vignobles (source : Yad Vashem, témoignages 1990).
  • Le XX siècle, c’est aussi l’époque où s’affirment les grandes fêtes populaires comme la Vente des vins des Hospices, institution depuis 1859 mais qui prend une dimension internationale après 1945.

Depuis les années 1960, la ville mise de plus en plus sur la valorisation de son patrimoine et de son vin, avec la création du Musée du Vin de Bourgogne et la multiplication des confréries bachiques (Office de Tourisme de Beaune).

Petite chronologie des moments clés

  • II siècle avant J.-C. : Première mention de Belena, bourgade gallo-romaine.
  • 444 : Évangélisation, fondation du premier établissement religieux attesté.
  • 1221 : Début construction remparts médiévaux.
  • 1443 : Fondation de l’Hôtel-Dieu.
  • 1524–1526 : Guerre de la Ligue de Cognac, passage du connétable de Bourbon à Beaune.
  • 1562–1598 : Guerres de Religion, tensions multiples dans le Beaunois.
  • 1831 : Arrivée du chemin de fer.
  • 1917–1918 : Hôpital militaire américain.
  • 1945 et après : essor de la Vente des Hospices et tourisme œnologique.

Quand l’Histoire se fête encore aujourd’hui

Les grandes périodes historiques du Beaunois ne sont pas de simples souvenirs muséifiés. À Beaune, elles se découvrent à chaque coin de rue ou lors d’événements populaires qui rendent hommage au passé. Quelques incontournables à ne pas manquer si la curiosité vous démange :

  • La Vente des vins des Hospices (troisième week-end de novembre) perpétue, depuis 1859, la tradition caritative et festive héritée du Moyen Âge. En trois jours, la ville accueille jusqu’à 60 000 visiteurs (chiffres Ville de Beaune, 2022).
  • Les Fêtes médiévales, tous les deux ans, rappellent le faste des anciens Ducs et font revivre les vieux métiers, les baladins, les sorcières…
  • Nombre de balades guidées, concerts, visites théâtralisées font dialoguer le patrimoine médiéval (remparts, caves, Hospices…) et l’art contemporain – un joli clin d’œil aux différentes couches historiques de la ville.

Marcher dans Beaune, c’est traverser deux millénaires d’histoire sans jamais quitter le présent. Passer sous la Porte Saint-Nicolas, s’attarder au pied de la Collégiale, s’engouffrer dans une cave voûtée : chaque pas réveille une mémoire partagée, et c’est toute l’âme du Beaunois qui se dévoile. Alors que vous soyez amateur d’art, passionné de patrimoine ou tout simplement curieux, laissez-vous entraîner par les échos du passé. On parie que vous ne verrez plus jamais Beaune du même œil ! Retrouvez l’agenda des prochaines animations autour de l’histoire locale et des traditions sur la page événements, et venez célébrer ce territoire où chaque pierre raconte une histoire exceptionnelle.

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