Sur les traces des gallo-romains : explorer les vestiges antiques du Pays Beaunois

Le rendez-vous incontournable de la vie culturelle en Pays Beaunois

Une histoire antique sous nos pieds : le Pays Beaunois à l’époque gallo-romaine

Situé à la croisée de voies antiques stratégiques reliant Lyon à Autun puis à Langres, le Beaunois occupe dès le Ier siècle un rôle clé dans le réseau routier et économique de la Gaule romaine. Alors appelé Iulia Bona, Beaune n’est pas seulement la capitale mondiale des vins. Avant la religion du raisin, la ville faisait office de municipe romain, c’est-à-dire une cité dotée d’un statut privilégié. Les Romains y établissent thermes, temples et infrastructures, dont certaines subsistent en fragments précieux, révélant la vitalité et la richesse de la vie urbaine antique (source : Musée des Beaux-Arts de Beaune).

Beaune : des fragments visibles et invisibles de l’Antiquité

Des remparts millénaires… ou presque

En déambulant dans le centre historique, difficile d’imaginer que sous quelques pavés, se trouvent les fondations des premiers remparts antiques de Beaune. Si les murailles visibles aujourd’hui datent pour la plupart du Moyen-Âge, leur soubassement s’appuie, sur certains tronçons, sur la “muraille gallo-romaine” érigée au IIIe siècle pour protéger la cité des invasions. On les devine notamment rue de Lorraine ou place Madeleine, là où l’épaisseur étonnante des murs intrigue encore les passionnés.

Des objets au musée : La section gallo-romaine du musée des Beaux-Arts

Le musée des Beaux-Arts de Beaune conserve tout un petit trésor issu des fouilles régionales :

Un détail captivant : la reconstitution d’un petit autel votif dédié à Mercure, protecteur des voyageurs, évoque le passage intense de commerçants sur la Via Agrippa.

Une nécropole à la périphérie

Moins connue du grand public, la nécropole de la rue de la Chartreuse, explorée à la fin du XIXe siècle puis de nouveau dans les années 1980, a révélé 146 sépultures gallo-romaines, mettant en lumière la structure sociale complexe de la cité antique (Source : Service régional d’archéologie de Bourgogne).

Le monastère de Saint-Martin-de-la-Commune : réemploi d’un sanctuaire antique

À quelques kilomètres au sud de Beaune, le paisible hameau de Saint-Martin-de-la-Commune abrite, dans l’actuelle église, des blocs de pierre issus d’un ancien sanctuaire gallo-romain dédié probablement à Apollon ou Mercure. Remployés dans l’édifice médiéval, ces vestiges incluent même des fragments d’inscriptions latines et des chapiteaux corinthiens stylisés, preuve de l’ingéniosité locale à recycler l’héritage païen !

À la découverte du théâtre gallo-romain de Mâlain (à 35 min de Beaune)

Pour ceux prêts à faire un saut hors de la stricte limite beaunoise, direction Mâlain (Doubs), où s’élève l’un des rares théâtres gallo-romains encore lisibles en Bourgogne. Découvert par hasard à la fin du XIXe siècle et fouillé dès 1967, il pouvait accueillir 1 000 spectateurs.

Un détour largement conseillé pour vivre l’Antiquité... en immersion !

Saint-Romain : une cité perchée aux racines antiques

À dix minutes de Beaune, le village de Saint-Romain est célèbre pour son panorama, ses falaises et ses vins, mais c’est surtout un site archéologique d’importance régionale. Sur la butte se trouvait un oppidum d’avant l’arrivée des Romains, réinvesti ensuite par l’administration romaine (source : DRAC Bourgogne).

Puligny-Montrachet et sa villa gallo-romaine – La vigne, déjà une passion !

Célèbre aujourd’hui pour ses grands crus, Puligny-Montrachet recèle aussi, sous ses pieds, les restes d’une villa gallo-romaine entièrement tournée vers la viticulture. Découverte grâce à des travaux agricoles dans les années 1970, elle a livré des outils de vignerons en fer et bois, plusieurs dolia (grandes jarres pour la fermentation), et même une pièce décorée d’une mosaïque figurant un pampre de vigne, témoin le plus ancien du lien entre ce terroir et la vinification (source : Société d’histoire et d’archéologie de Bourgogne).

Un conseil : la mairie et l’office de tourisme proposent ponctuellement des randonnées guidées sur ce thème, en partenariat avec des vignerons passionnés.

Chagny et Merceuil : des bornes milliaires aux villages gallo-romains oubliés

Tout près de la limite sud beaunoise, Chagny et Merceuil sont traversés par le tracé de la Via Agrippa. Plusieurs bornes milliaires, encore partiellement visibles ou conservées dans des propriétés particulières, balisaient cette voie.

Un projet de valorisation du site de Merceuil est en réflexion, des panneaux provisoires permettent d’ores et déjà de repérer de loin l’implantation antique.

Savigny-lès-Beaune : des bains antiques et un mystère souterrain

Savigny-lès-Beaune, connu pour son château et ses collections privées, abrite sur le site dit “La Combe Bazin” des structures de balnéaires gallo-romains partiellement dégagés à partir de 2011.

Conseils et bonnes pratiques pour explorer ces sites antiques

De nouvelles découvertes attendent encore…

Impossible de résumer la richesse gallo-romaine du Beaunois en quelques lignes. Chaque village, chaque vigne ou presque, recèle encore ses secrets enfouis, susceptibles d’être révélés demain lors de nouveaux travaux, ou grâce à la passion d’archéologues amateurs. Cette aventure archéologique se poursuit sans relâche – preuve qu’ici, l’Histoire n’a jamais dit son dernier mot.

Qu’on soit fan de vieilles pierres, randonneur curieux ou simple épicurien, le passage par ces vestiges permet d’explorer le territoire autrement, d’ouvrir les yeux sur mille détails oubliés… et de percevoir, un instant, la vie des Beaunois d’autrefois. Pourquoi ne pas vous laisser tenter par une balade hors du temps cet été, ou lors des prochaines Journées du Patrimoine ?

Si l’Antiquité vous intrigue et que vous aimez conjuguer culture, promenade en campagne et (bonne) table, le Pays Beaunois a encore beaucoup à révéler sous ses vignes !

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